Le Suzon : un cours d’eau au joli nom qui se fait souvent discret.

Ses lettres semblent avoir été assemblées une à une sous la plume de Pagnol et ses sonorités fredonnées entre la pipe et la moustache fournie de Brassens.

Rivière du département de la Côte-d’Or, il est un affluent de l’Ouche et donc un sous-affluent du Rhône par la Saône.

J’ai grandi non loin du bord d’un tronçon visible du Suzon. Ses apparitions et retraites répétées étaient, pour nous, aussi mystérieuses que l’histoire de la petite souris dont on ne saura sans doute jamais ce qu’elle peut bien faire de toutes ces quenottes échangées contre un petit sou.

Le Suzon constituait pour nous, gamins de la ville, un terrain de jeu et un observatoire incomparables pour notamment nous mettre en quête de malheureux têtards dont nous observions avec grande attention la métamorphose dans nos petits seaux en plastique.

Jadis omniprésente, la rivière s’est ensuite faite discrète en ville pour finalement se cacher sous terre.

La ville de Dijon a été établie autour de sa rivière car les orientations et agrandissements urbains se faisaient en fonction des cours d’eau. L’accès à l’eau, dont l’utilité était multiple, était alors rapide et aisé.

Au Moyen Âge, alors que le Suzon circulait librement dans la ville, celui-ci faisait notamment office d’égout. L’odeur était nauséabonde, bactéries et virus pouvaient alors y proliférer en toute liberté, provoquant par la même de terribles épidémies, notamment celle du choléra en 1832. À cette époque on disait même « Dijon périra par le Suzon ».

Un chantier titanesque a été mis en œuvre à partir du Moyen Âge pour permettre une grande dérivation. D’imposantes modifications s’en sont suivies jusqu’en 1964 date des derniers travaux de couverture.

Entre 2010 et 2012, au moment du chantier du tramway, la mystérieuse rivière, comme soulevant légèrement ses jupons, permit aux passants curieux d’apercevoir certains de ses tronçons jusqu’alors cachés sous le bitume.

Où la petite rivière peut-elle bien se réfugier lorsque la caresse de son courant délicat se fait sage voire absent ?

Le Suzon qui peut nous sembler inconstant voire susceptible est en réalité soumis à des fluctuations saisonnières de débit qui peuvent être plus ou moins prononcées selon les périodes et les années.

Pour en savoir plus, et pour vous imprégner de son histoire, n’hésitez pas à profiter de la promenade du Suzon qui longe sur 1 km le cours de la rivière entre les quartiers de la Toison d’Or et du Drapeau.

Vous y trouverez de nombreux panneaux explicatifs afin de mieux connaître le bien-aimé Suzon des Dijonnais.