Je vais vous conter une sordide histoire qui pourrait aisément appartenir à une trilogie de Tim Burton bien placée entre Sweeney Todd et Sleepy Hollow.

Source : Google

En vous promenant au centre-ville de Dijon, allez jusqu’à l’actuelle place Bossuet (anciennement place Saint-Jean). Au n° 15 de cette place, vous serez surpris de découvrir, entre deux belles bâtisses, une petite maison sans toit. Son apparence peu attrayante est encore plus remarquable du fait que sa voisine directe n’est autre que la superbe maison Mulot et Petitjean.

La plupart des Dijonnais connaissent cette maison mais en connaissent-t-ils l’histoire ou la légende ?

Les faits remonteraient au Moyen-âge et cette histoire aurait fait grand bruit au XIXe siècle lors de la publication de La Maison maudite à Dijon de l’écrivain Marcel Racle en 1882. Récit soi-disant basé sur des documents mais sans preuve tangible, voilà qui pourrait faire un bon sujet pour un épisode de « Faites entrer l’accusé » !

Tadam tadam ! Tadam tadam ! : Jean…Craquelin. Comment un commerçant apparemment sans histoires a pu ainsi sombrer dans une telle folie meurtrière ?!

La légende dit que Jean (Jehan) Craquelin (ou Carquelin suivant les versions) officiait comme pâtissier et jouissait d’un immense succès, auprès de ses contemporains, grâce à ses délicieux pâtés au goût « incomparable » (et pour cause). Ce monsieur Craquelin était-il donc pâtissier ou plutôt charcutier ?

Des enfants disparaissaient et de terribles rumeurs commençaient à circuler en ville…

Un perruquier, voisin de Craquelin, l’accusa de séquestrer les enfants qui passaient dans son magasin et de s’en servir comme matière première dans ses célèbres pâtés : «les enfants, entrent dans cette maison et ne ressortent pas ».

L’homme, au départ au-dessus de tout soupçon, aurait commis une terrible erreur en omettant de hacher menu le doigt d’un enfant qui fut découvert par un client plutôt médusé.

Une autre version de la légende veut qu’une certaine Guillemette Torchepinte qui, hurlant à tout-va rue du Bourg « j’ai perdu mon fils ! Qu’on me rende mon fils ! », raviva de plus belle des soupçons et fit gronder la rumeur à la porte du pâtissier – charcutier.

On mena l’enquête et l’on trouva les restes sanglants d’un enfant dans la cave de Craquelin.

Le commerçant peu scrupuleux fut condamné au supplice de la roue sur la place Morimont, actuellement place Émile Zola, qui était à l’époque la place de grève dijonnaise et le toit de sa maison fut rasé « en signe d’infamie ».

On ne trouve cependant aucune preuve tangible de cet effrayant épisode, aucune archive, trace de l’exécution ou de l’existence même de Jean Craquelin…

Toutefois, cette histoire fait écho à d’autres légendes urbaines contées à Besançon ou à Paris. Elle n’est pas sans rappeler non plus l’histoire de Sweeney Todd, le barbier fou qui tuait ses pauvres clients pour permettre à son associée de garnir les tourtes. Une collaboration des plus morbides !

Le fait est que, légende ou pas, se placer face à cette bâtisse pour l’observer provoque des émotions bien réelles. Je vous mets au défi de ne pas ressentir ce petit frisson qui vous parcourt l’échine en passant devant cette petite maison pleine de mystère.