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Julien Rambaldi : « J’ai découvert la vie, les difficultés et les sacrifices de ces femmes »

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Le film Les Femmes du Square de Julien Rambaldi sortira dans les salles de cinéma le 16 novembre. C’est un film qui se veut bouleversant et touchant, où il est assez simple de s’identifier à la vie des nounous du quotidien.

Après la projection de l’avant-première du film Les Femmes du Square au cinéma Pathé Dijon à la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin, nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec le réalisateur Julien Rambaldi, sur les intentions du film qui se veut à la fois comique et porteur de messages.

Nous avons pu découvrir votre film en avant-première et même avant d’avoir vu le film nous étions curieux de savoir comment vous est venu l’idée de mettre en valeur la vie de ces nounous ?

Julien Rambaldi. Je pense que c’est venu avec Marly-Gomont (Bienvenue à Marly-Gomont, film du réalisateur sorti en 2016, ndlr) et surtout d’un détail : un jour, mon fils m’a parlé de sa nounou, de ses problèmes de santé et de ses problèmes au pays. Je me suis rendu compte que je n’étais pas au courant de tout cela alors que lui, qui passait plus de temps avec elle, la connaissait mieux que moi. Ça m’a signalé qu’il y avait un problème et en travaillant sur le sujet, j’ai réalisé que c’était vraiment quelque chose d’assez classique finalement, cette non-communication, ce non-échange. C’est vraiment deux mondes complètement opposés qui se percutent dans les appartements de cette famille. 

C’est un sujet de société auquel tout le monde peut se projeter. On a l’impression que le film cherche à nous montrer ce qu’on ne voit pas, ce qu’on rend invisible… 

Exactement. J’ai eu aussi cette impression en me baladant dans mon quartier. Je vois toutes ces femmes qui tenaient les poussettes avec des enfants et on n’en parle jamais. En travaillant le sujet, j’ai constaté qu’il y avait aussi beaucoup d’abus des employeurs vis-à-vis de ces femmes. Parce que ce sont des métiers qui ne sont absolument pas encadrés. Il n’y a pas vraiment de législation. Enfin, il y en a une, mais le problème, c’est que ces femmes ont besoin de travailler, donc elles ne vont pas être très regardantes et imposées des règles aux employeurs. En réalisant ce film, j’ai découvert la vie, les difficultés et les sacrifices de ces femmes. 

« Ce sont des femmes qui quittent leur maison, leur pays, qui laissent parfois leurs enfants et qui envoient de l’argent au pays ».

Quand vous dites « découvrir leurs vies« , est-ce que vous avez rencontré et parlé avec ces femmes ? 

Oui, j’en ai rencontré et on remarque que c’est une situation assez répandue malheureusement. Ce sont des femmes qui quittent leur maison, leur pays, qui laissent parfois leurs enfants et qui envoient de l’argent au pays. C’est un vrai combat pour essayer d’améliorer la vie d’une famille et on n’en a pas du tout conscience. C’est pour ça que ce film peut quand même aider à éveiller un peu les consciences. Il y a un flou total autour de ces femmes et de ces métiers-là. Elles font attention à nos enfants, elles les éduquent même parfois, donc ce serait bien que nous y fassions un peu plus attention. 

Pourquoi avoir choisi Eye Haïdara pour jouer le rôle d’Angèle ? 

J’ai vu le Sens de la Fête (film d’Eric Toledano et d’Olivier Nakache sorti en 2017, ndlr), et dans le film, il y a une sorte d’explosion d’Eye Haïdara. Quand il y a un nouveau visage – comme il n’y en a pas beaucoup dans les castings de cinéma – on le remarque tout de suite, et là soudainement, c’était une vraie nouveauté de talent. Elle dégageait une forte personnalité, un charisme incroyable ! J’y ai vu tout de suite la passerelle avec Angèle que je voulais caractériser, un peu comme ça, comme une frondeuse, quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche. Eye porte ça en elle. Elle a une force tranquille et dégage une autorité naturelle qui me plaisait beaucoup. C’est une personne très classe, discrète, qui ne parle pas pour rien dire. 

Les Femmes du Square
Dans « Les Femmes du square », Eye Haïdara joue le rôle d’Angèle.

Et Ahmed Sylla (qui joue le rôle d’Edouard, un avocat) est un vrai caméléon : on le connaît surtout comme humoriste, mais son jeu d’acteur est tout aussi impressionnant. On se dit qu’il peut tout faire. 

C’est une certitude, il peut absolument tout faire ! Après, c’est la curiosité des réalisateurs de se dire “tiens, on peut prendre tel comédien pour jouer tel rôle, donc il faut lui écrire des rôles”.  

C’était prévu que vous donniez ce rôle à Ahmed Sylla ?  

Ce n’était pas prévu, l’avocat aurait pu être un acteur blanc. J’aurais dû avoir dès le début parce qu’on voit dans le film que « l’allier” n’est pas une personne blanche classique qui vient aider les minorités. Ça permet vraiment d’amener le film ailleurs. Et puis, ça permet aussi de raconter le problème de classe sociale. C’est assez rare dans les comédies populaires de voir qu’une personne noire est aussi quelqu’un qui vient d’une classe sociale supérieure, qui aspire à gagner beaucoup d’argent et qui a fait de grandes études. 

Vous avez décidé d’en faire un film comique mais ça aurait pu être un film plus dramatique ? 

On aurait pu le faire de façon beaucoup plus dramatique, mais je crois avoir un petit talent pour écrire des comédies (rires). Ce qui est bien aussi, c’est que les enfants peuvent aller voir le film et les enfants sont les premiers concernés. Si on peut dès l’enfance, avoir conscience de faire attention à l’autre, ça serait super. La porte d’entrée c’est l’humour, la comédie. Bien que ce ne soit pas un film comique dans l’écriture, c’est le personnage qui nous fait rire.

Et les autres femmes du square, ce sont de vraies nounous ? 

Pas toutes : les principales sont comédiennes. Il y a Bwanga PiliPili (qui joue le rôle de Wassia, ndlr) qui est une très bonne comédienne de théâtre. Dans la figuration, il y avait des nounous qui sont venues, qui nous ont raconté qu’elles étaient heureuses qu’on fasse un film sur elles et qui nous ont raconté des situations qu’elles peuvent vivre au quotidien. 

Et comment le public a réagi lors de cette avant-première ?  

Les gens étaient très émus, comme connectés à la thématique du film. Je crois que le public s’est identifié aux problèmes que rencontrent ces femmes. Le film est fait avec douceur et sans culpabiliser le spectateur, alors je crois qu’ils sont contents de ça. 

Merci beaucoup Julien Rambaldi !

Merci à vous.

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