Dijon : le Père Noël brûlé en présence de plusieurs centaines d’enfants

les dijonnais ont brûlé le Père Noël

23 décembre 1951 – Les dijonnais ont brulé le Père Noël

Le père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon… et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie. Dimanche à trois heures de l’après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d’innocents d’une faute dont s’étaient rendus coupables ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.

À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel : « Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le mensonge, 250 enfants, groupés devant la porte principale de la cathédrale de Dijon, ont brûlé le Père Noël. Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard. Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur. »

L’exécution du Père Noël sur le parvis de la cathédrale a été diversement appréciée par la population et a provoqué de vifs commentaires même chez les catholiques. D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues par ses organisateurs.

Article de France-Soir du lundi 24 décembre 1951

1 Commentaire

  1. La fete de Noël a usurpé la place de la célébration plurimillénaire du solstice d’hiver gérant le retour de la lumière.
    Que dire de la violence lourde de sens d’une pareille cérémonie sinon que le catholicisme renoue avec ses vieux démons ?
    Célébrer une foi qui prétend que la mort (la « vie éternelle ») vaut mieux que la vie, est une forme de névrose gravissime qui brisera les vies des enfants.
    Les religions sont les maladies d’enfance de l’humanité. Nous ne deviendrons jamais adultes tant que ces fléaux corrompront nos esprits en les maintenant dans une enfance éternelle.

Les commentaires sont fermés.