Devenu un enjeu majeur de santé publique, le moustique-tigre fait l’objet d’une attention toute particulière de la part de la municipalité dijonnaise. Après l’apparition de premiers cas autochtones de chikungunya en 2025 à la Maladière, la Ville de Dijon annonce un renforcement de ses actions pour 2026 et étudie des dispositifs innovants pour protéger les habitants.
C’est un voisin dont on se passerait bien, et pourtant, il est désormais installé sur l’ensemble du territoire. Le moustique-tigre est au cœur des préoccupations. Si la compétence sanitaire pure relève de l’Agence Régionale de Santé (ARS), la Ville de Dijon a décidé de prendre le problème à bras-le-corps dans ses propres champs d’action : l’espace public, l’information et la sensibilisation.
Le tournant de 2025 : des cas de chikungunya à la Maladière
L’alerte est montée d’un cran l’année dernière. En 2025, les premiers cas autochtones de chikungunya, c’est-à-dire des personnes piquées et contaminées directement sur place, sans avoir voyagé, ont été recensés dans le quartier de la Maladière. Un signal fort qui rappelle que la vigilance collective n’est plus une option, mais une nécessité pour freiner la transmission de maladies vectorielles.
80 % des solutions sont entre nos mains
Les spécialistes estiment que près de 80 % des gîtes larvaires se trouvent dans les propriétés privées. Le moustique-tigre est un insecte casanier : il pond dans de très petites quantités d’eau stagnante et se déplace rarement à plus de 150 mètres de son lieu de naissance. Autrement dit, le moustique qui vous pique est très probablement né chez vous ou chez votre voisin.
Pour l’année 2026, la Ville intensifie donc ses campagnes de sensibilisation, notamment auprès du grand public et au sein des jardins familiaux et partagés. Elle participe aussi activement à des suivis scientifiques et coordonne ses actions avec la métropole et les services de l’État.
Les innovations à l’étude : vers une « Brigade du tigre » ?
Pour passer à la vitesse supérieure, Dijon étudie actuellement de nouvelles pistes très concrètes qui pourraient changer la donne :
- La création d’une « Brigade du tigre » : Il s’agirait d’une équipe expérimentale d’agents municipaux qui viendraient directement à la rencontre des Dijonnais, à domicile, pour les informer, les conseiller et les aider à débusquer les eaux stagnantes cachées dans leurs cours ou jardins.
- La Technique de l’Insecte Stérile (TIS) : La Ville examine la possibilité de participer à cette expérimentation scientifique innovante. Le principe ? Lâcher des moustiques mâles stériles pour couper le cycle de reproduction et réduire progressivement la population de nuisibles dans les secteurs ciblés.
Ces projets sont en cours d’instruction et feront l’objet d’arbitrages et d’une communication dédiée très prochainement.
Les 5 gestes réflexes à adopter chez soi
En attendant, le meilleur moyen de lutte reste la prévention. Pour priver le moustique-tigre de ses nurseries, voici les 5 réflexes à adopter :
- Vider régulièrement les coupelles sous les pots de fleurs.
- Couvrir hermétiquement les récupérateurs d’eau de pluie.
- Ranger à l’abri ou retourner tous les récipients vides (seaux, arrosoirs, jouets).
- Entretenir et nettoyer les gouttières et les chéneaux pour que l’eau s’écoule bien.
- Changer très régulièrement l’eau des vases.
