Face à l’isolement médical en Bourgogne, l’Institut de Cancérologie de Bourgogne (ICB) prend le problème à bras-le-corps. En détachant directement ses oncologistes dans les hôpitaux de proximité, l’établissement privé entend garantir le même niveau de soins à tous les malades, au plus près de chez eux.
C’est une petite révolution dans le quotidien des patients atteints de cancer en zone rurale ou périurbaine. Plutôt que de contraindre des personnes affaiblies par la maladie à multiplier les allers-retours vers les grands centres urbains, ce sont désormais les spécialistes qui viennent à elles.
Un maillage territorial taillé contre la centralisation
Depuis le mois d’avril, le Dr Mathieu Caubet, oncologue radiothérapeute à l’Institut de Cancérologie de Bourgogne (ICB), assure ainsi une journée hebdomadaire de consultations au Centre Hospitalier de Sens. Même démarche en Haute-Marne, où son confrère le Dr Alexis Lépinoy propose sa consultation deux fois par mois à la Maison Médicale de Langres.
Ces deux récentes implantations viennent consolider un réseau déjà bien ancré dans la région. L’ICB collabore désormais avec dix établissements de santé partenaires en Côte-d’Or (Beaune et Semur-en-Auxois), en Saône-et-Loire (Le Creusot, Montceau-les-Mines et Autun) et dans l’Yonne (Auxerre et Sens). Une stratégie assumée à rebours de la centralisation des soins.
Comment s’organise la prise en charge ?
Sur le terrain, l’organisation repose sur une complémentarité stricte : les bilans initiaux, la concertation pluridisciplinaire et les consultations de suivi s’effectuent au plus près du domicile, dans l’établissement partenaire. Les traitements lourds de radiothérapie restent quant à eux centralisés sur l’un des trois plateaux techniques de pointe de l’ICB à Dijon, Chalon-sur-Saône ou Auxerre, tous situés à moins de 100 km des bassins de vie.
En consolidant ces ponts entre le public et le privé, l’ICB entend impulser un réflexe de consultation locale et fluidifier le parcours de soins, dans une région où l’accès équitable à la santé demeure un enjeu majeur.
