Le Centre Hospitalier La Chartreuse est désormais raccordé au réseau fibre optique sécurisé du Département de la Côte-d’Or. Une avancée majeure pour la protection des données de l’établissement dijonnais, qui rejoint ainsi le Groupement Fermé d’Utilisateurs (GFU) départemental. Ce dispositif renforce la souveraineté numérique du territoire tout en générant des économies significatives pour l’hôpital.
Le Département de la Côte-d’Or poursuit le déploiement de son infrastructure numérique souveraine. Ce lundi 27 avril, à Dijon, le président du Conseil départemental François Sauvadet a officialisé la connexion du Centre Hospitalier La Chartreuse (CHLC) au Groupement Fermé d’Utilisateurs (GFU), un réseau de fibre optique entièrement dédié aux acteurs publics.
Cette inauguration, réalisée en présence de la direction de l’établissement et de représentants médicaux, marque une nouvelle étape dans la stratégie départementale visant à sécuriser les données sensibles et à renforcer l’autonomie technologique des services publics.
Un réseau privé au service des institutions publiques
Lancé en 2017 par le Département, le programme repose sur le déploiement de réseaux en fibre optique indépendants des réseaux grand public. Ces infrastructures, appelées GFU, constituent des réseaux fermés réservés exclusivement aux usages institutionnels.
Aujourd’hui, ce maillage numérique relie déjà de nombreux acteurs majeurs du territoire : services du Département, collèges, site d’Alésia, SDIS, Région Bourgogne-Franche-Comté, Préfecture, Rectorat, CHU, Groupement hospitalier de territoire, ou encore le Centre hospitalier de la Haute-Côte-d’Or.
Au total, ce sont désormais 132 sites qui sont connectés en Côte-d’Or, via près de 280 kilomètres de fibre optique, représentant un investissement global supérieur à 5,5 millions d’euros.
Le Centre Hospitalier La Chartreuse, premier établissement tiers raccordé
Avec cette mise en service, le CH La Chartreuse devient le premier établissement public extérieur directement raccordé au réseau départemental.
Concrètement, les 15 sites de l’hôpital, répartis entre Dijon, la métropole et Beaune, y compris des structures spécialisées comme le service médico-psychologique implanté en milieu pénitentiaire, bénéficient désormais d’une interconnexion sécurisée et performante.
Ce raccordement permet notamment une meilleure circulation des données, une hausse des débits, ainsi qu’un accès direct aux infrastructures numériques du Département, tout en renforçant la protection des informations sensibles.
Des économies et une sécurité renforcée
Au-delà des gains techniques, l’opération présente également un intérêt financier important. En contrepartie d’une redevance d’environ 220 000 à 222 000 euros sur dix ans, l’établissement hospitalier devrait économiser près de 750 000 euros par rapport aux solutions proposées par les opérateurs privés.
Pour les responsables départementaux, ce modèle combine performance, maîtrise des coûts et sécurisation des données, dans un contexte où la cybersécurité devient un enjeu majeur pour les établissements publics.
Une stratégie de souveraineté numérique assumée
Pour le Département, ce projet s’inscrit dans une vision de long terme visant à garantir une indépendance technologique face aux grands acteurs du numérique.
Cette démarche s’appuie également sur l’essor de technologies comme l’intelligence artificielle et sur la volonté de maîtriser les données sensibles localement. Le Conseil départemental met en avant une approche territoriale, considérant que les collectivités ont un rôle central à jouer dans la protection et la gestion des infrastructures numériques.
Un modèle appelé à s’étendre
Avec ce nouveau raccordement, la Côte-d’Or confirme son positionnement de territoire pionnier en matière d’infrastructures numériques publiques. Le Département envisage déjà d’étendre progressivement ce dispositif à d’autres établissements, dans une logique de mutualisation et de sécurisation des données à l’échelle locale.
Ce projet illustre ainsi une évolution majeure : celle d’un service public qui s’appuie sur ses propres réseaux pour garantir performance, souveraineté et sécurité numérique.
