À moins d’une heure de Dijon, on parvient à distinguer un témoignage du temps à travers les arbres d’une forêt domaniale : le château de Bussy-Rabutin. En ce moment même, une exposition se tenant du 6 juillet au 11 octobre 2026 vous invite à redécouvrir la vie et l’œuvre de Mme de Sévigné à l’occasion des 400 ans de la naissance de l’épistolière. Mais, c’est aussi l’occasion d’apprendre à connaître les hôtes successifs de ces lieux, et notamment Roger de Bussy-Rabutin, son cousin.
« Que les apparences soient belles car on ne juge que par elles », déclarait notre hôte dans Maximes d’Amour. Et il se trouve que, lorsque les volets s’ouvrent, que les appartements se gorgent du soleil du matin et que les premiers visiteurs ne déambulent pas encore dans le jardin à la française, les apparences étaient effectivement belles lors de notre visite du château de Bussy-Rabutin. Face à nous, deux ailes : les appartements de Roger de Bussy-Rabutin à l’ouest et l’aile Jean-Baptiste César de Sarcus à l’est. Deux hommes et deux voyages qui ouvrent à la comparaison des quotidiens et des coutumes entre deux époques.
À l’ouest : l’histoire d’un paria de la cour de Louis XIV adepte de la débauche et autres facéties royales. Racheté par sa famille en 1602, ce domaine accueille le prestigieux Roger de Bussy-Rabutin lorsque son petit côté libertin pousse le roi à l’exiler de la cour en 1659. Le noble français s’était pourtant honoré sur le champ de bataille pendant la guerre de Trente Ans, la Fronde et la guerre contre l’Espagne. La rédaction de l’Histoire amoureuse des Gaules, le « Voici ou Paris-Match de l’époque », et son talent d’écrivain le font élire à l’Académie Française en 1665. Son exil se clôture en 1683, mais la cour ne l’intéresse plus et il passe ses derniers jours au château.
À l’est : le récit de la restauration de ce patrimoine par un bourgeois du XIXème, grand nostalgique de son château familial perdu au cœur de la Picardie. L’intégrité du lieu résiste à la Révolution, le château étant mis sous séquestre et les meubles vendus. Mais le temps fait naturellement son œuvre, les propriétaires agricoles se succèdent, et à l’orée du XIXème siècle le château a grand besoin de rénovations. Le Comte de Sarcus les mène à terme dans l’esprit de Bussy-Rabutin et son abnégation paye : dès 1862, le château est classé « Monument historique ». Son travail est offert aux yeux des visiteurs depuis 2023 dans un plan de visite totalement repensé, avec l’ouverture de cette deuxième aile du château.
Une exposition célébrant Mme de Sévigné
Mais en ce moment, pour le 400ème anniversaire de naissance (1626 – 1696), c’est une femme, une autre noble de la famille Rabutin, que le domaine met à l’honneur : « Ma belle cousine. De la demoiselle de Bourgogne à la Marquise de Sévigné », tel est le titre de l’exposition se tenant du 6 juillet au 11 octobre 2026. Ces deux branches distinctes de la famille se relient d’abord par la relation épistolaire qu’entretenaient Roger de Bussy-Rabutin et Marie de Rabutin-Chantal sous son nom de naissance. Entre les deux, une appétence partagée pour les belles phrases qui se mue en une véritable émulation à travers l’écriture, même si le talent de Mme de Sévigné ne fut pleinement reconnu que plus tard, au XIXème siècle.
Infos pratiques :
✉️ Exposition : « Ma belle cousine. De la demoiselle de Bourgogne à la Marquise de Sévigné »
🗓️ Du 6 juillet au 11 octobre 2026
📍 Château de Bussy-Rabutin - Bussy-le-Grand
💸 Entrée pour le musée à 9€
Plus d’informations sur le site du château : https://www.chateau-bussy-rabutin.fr
